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Légalisation des produits du cannabis: des recommandations pour protéger la population et les jeunes en particulier

Photo de Daniel Bastin
Par Daniel Bastin
Légalisation des produits du cannabis: des recommandations pour protéger la population et les jeunes en particulier
Les directeurs régionaux de santé publique suggèrent notamment d’interdire les boissons sucrées contenant du cannabis, comme les jus naturels ou avec sucre ajouté, les boissons gazeuses ou édulcorées.

Dès le 17 octobre prochain, la vente de produits comestibles du cannabis, d’extraits (concentrés) et de cannabis pour usage topique (crèmes et lotions) sera légale au pays. Devant cette situation, les directeurs régionaux de santé publique (DRSP) de la province ont demandé au gouvernement du Québec d’encadrer l’offre de ces produits afin de protéger davantage la santé de la population, surtout celle des jeunes.
Lors de la consultation sur le projet de règlement déterminant d’autres catégories de cannabis qui peuvent être vendues par la Société québécoise du cannabis (SQDC) ainsi que certaines normes relatives à la composition et aux caractéristiques du cannabis, les directeurs ont fait valoir leur point de vue sur la question par le biais d’un mémoire.
Les directeurs régionaux de santé publique considèrent que l’approche d’encadrement privilégiée par le gouvernement provincial permettra de répondre à différents enjeux de santé publique. Dans leur mémoire, ils font plusieurs recommandations dans le but de prévenir l’initiation au cannabis chez les jeunes et d’atténuer les risques pour la santé de la population.
Les DRSP suggèrent d’inclure dans le règlement les mesures suivantes pour mieux encadrer la diversification des produits et protéger les jeunes, soit utiliser des critères précis pour définir les produits comestibles considérés comme « attrayant pour les mineurs » afin de les interdire, par exemple les formes de fruits, d’humains ou d’animaux, les personnages de dessins animés et les couleurs vives. Ils suggèrent aussi d’interdire les boissons sucrées contenant du cannabis, comme les jus naturels ou avec sucre ajouté, les boissons gazeuses ou édulcorées.
D’autres mises en garde
Afin d’éviter les difficultés d’interprétation du règlement, les directeurs recommandent aussi d’identifier tous les produits autorisés et d’interdire tous les autres afin de limiter la multiplication des produits offerts sur le marché. Ils formulent le vœu de nommer une instance au sein du ministère de la Santé et des Services sociaux chargée d’autoriser les nouveaux produits.
Les directeurs régionaux de santé publique soulignent également l’importance d’ajouter aux mises en garde sur les produits une recommandation à l’effet de ne pas consommer de cannabis en même temps que l’alcool et de l’information sur les ressources à contacter en cas d’intoxication.
« Les DRSP sont d’avis que la diversification des produits permet à l’industrie de rejoindre de nouveaux consommateurs et, par conséquent, de promouvoir l’usage du cannabis. Le règlement à l’étude limite cette diversification en interdisant certaines catégories de produits comestibles et tous ceux à usage topique (crème pour la peau, etc.) », est-il indiqué dans leurs recommandations.
« Le gouvernement fédéral autorise la présence de 10 mg de THC par portion pour le cannabis comestible, incluant les boissons. La proposition provinciale de diminuer à 5 mg par portion le dosage maximal de THC permis est accueillie favorablement par les DRSP. Plus le dosage de THC est élevé, plus les effets du cannabis ingéré sont imprévisibles et susceptibles d’augmenter les risques d’intoxication. De plus, la limite de 30 % de concentration maximale de THC dans les extraits de cannabis prévue par le règlement pourrait permettre entre autres de réduire les risques de dépendance et de psychose », font valoir les directeurs régionaux de santé publique.

Quelques statistiques sur les modes de consommation des Québécois
En 2018, 96 % des consommateurs québécois de cannabis ont rapporté l’avoir fumé au moins une fois dans la dernière année, 27 % l’avoir ingéré (36 % des 15-24 ans), 22 % l’avoir vaporisé ou vapoté et 4 % l’avoir bu. (Mention de source : Santé Montérégie)

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