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Levée de boucliers contre la phase 3 du projet TOD à Varennes

Photo de Diane Lapointe
Par Diane Lapointe
Levée de boucliers contre la phase 3 du projet TOD à Varennes
La salle où se tenait la réunion du conseil municipal de Varennes le 8 juillet était bondée de citoyens dont la majorité s’oppose au développement de la phase 3 du quartier TOD dans le parc Saint-Charles.

Le béton n’est pas encore coulé
L’opposition au développement de la phase 3 du quartier TOD à Varennes est loin de s’être atténuée. Plusieurs citoyens ont manifesté à nouveau leur désaccord au projet lors de la réunion du conseil municipal, le 8 juillet dernier. La Ville a informé qu’elle demandera un avis juridique sur les risques que peut comporter son retrait de l’entente avec le promoteur.
Le maire Martin Damphousse a en effet expliqué que la Ville avait une entente avec le promoteur, mais que la transaction pour la vente des terrains de la phase 3 n’était pas encore notariée. « Si l’on se retire de cette entente, il y aurait probablement, sinon assurément, des conséquences financières considérables pour la Ville.»
Il a de plus précisé que puisque le sujet est important, voire «chaud» depuis quelques semaines, l’ensemble des élus municipaux allait en discuter sérieusement à nouveau au retour des vacances « pour prendre les meilleures décisions possible, et ce, selon les recommandations que feront les services juridiques. Plusieurs facteurs influenceront la décision finale, mais ce ne sera peut-être pas si facile que ça de ne pas procéder à la transaction si le promoteur ne veut pas. Il a déjà investi beaucoup d’argent dans ce projet », a-t-il spécifié.
Non à la destruction du parc Saint-Charles
C’est surtout le fait que la Ville doit amputer une partie du parc Saint-Charles qui suscite de vives réactions. « Je trouve très dommage que l’on coupe la ceinture verte qu’est le parc Saint-Charles pour y construire un îlot de chaleur qui, de plus, alourdira la circulation dans le secteur », a exprimé la citoyenne Martine Morin qui se demande si Varennes veut prendre de l’expansion jusqu’à rejoindre Boucherville.
« On n’a pas une fixation pour mettre le plus de maisons possible »
« Ce n’est pas notre objectif de nous rendre à 30 000 de population comme à Sainte-Julie et encore moins à 45 000 comme à Boucherville », a affirmé le maire. Il a expliqué qu’au cours des dix dernières années, plusieurs nouvelles entreprises se sont établies à Varennes (soit 128, et 3 500 emplois créés). Cela a généré de nouveaux revenus de taxation et certains des travailleurs souhaiteraient s’établir à Varennes. Pendant que la ville se développait dans les secteurs commercial et industriel, peu de permis de construction sur le plan résidentiel ont été accordés, comparativement aux autres villes de la MRC Marguerite-d’Youville (voir tableau). Mais ce n’est pas pour cela que Varennes veut faire un quartier TOD, affirme le maire.
Le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) adopté en 2012 par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) exige que lorsqu’il y a un stationnement incitatif, les zones domiciliaires futures à développer (dans le cas de Varennes, c’est dans un rayon de 500 mètres, à Sainte-Julie, par exemple, c’est de un kilomètre) doivent comporter une densification importante qui va de 30 à 150 logements par hectare (selon la densité, les édifices peuvent être en hauteur). À Varennes, la densification dans la zone à développer, qui est d’une superficie de 270 000 pieds carrés, est de 45 logements à l’hectare. L’objectif de la CMM est, rappelons-le, d’éviter l’étalement urbain et d’inciter les citoyens à utiliser le transport en commun pour se rendre au travail. À Varennes, il est prévu dans la phase 3 la construction de triplex et de jumelés.
Pétition
Signalons que la pétition « Oui à la sauvegarde du parc Saint-Charles (non à la destruction de cet espace vert » circule toujours. La citoyenne Sylvie Pelletier, qui a aussi pris la parole lors de la réunion du conseil, est d’avis qu’il ne faut pas construire dans un parc. « C’est trop dense, et ce n’est que du béton!». Elle a notamment proposé au conseil municipal de renoncer à la phase 3 dans le parc Saint-Charles et de revoir son plan d’urbanisme. Sa demande a été suivie d’un tollé d’applaudissements.

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