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La réserve nationale de faune des Îles-de-Varennes-et-de-Verchères devrait voir le jour

Photo de Daniel Bastin
Par Daniel Bastin
La réserve nationale de faune des Îles-de-Varennes-et-de-Verchères devrait voir le jour
Passage du Chenal Saint Pierre des Iles de Verchères.

Le 24 avril dernier, la ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, Catherine McKenna, a annoncé des projets d’importance pour la protection d’habitats naturels au Québec, dont la création potentielle de trois réserves nationales de faune sur le fleuve Saint-Laurent, soit celles des îles de Boucherville, des îles de Varennes et de Verchères ainsi que des îles du lac Saint-Pierre.
Cette annonce a été effectuée à l’occasion du Sommet des champions de la nature, tenu à Montréal, qui réunissait des ministres environnementaux du monde entier, mais aussi des philanthropes et des dirigeants d’entreprises internationales et de communautés autochtones.
La ministre a expliqué que trois organisations, Environnement et Changement climatique Canada, Pêches et Océans Canada ainsi que l’Administration portuaire de Montréal, travaillent de concert afin de désigner une série d’îles sous leur responsabilité à titre de réserves nationales de faune. Au total, 27 îles sont visées par le projet du gouvernement et la superficie envisagée de terres protégées totalise près de 775 hectares, ce qui contribuera à doubler la superficie de nature protégée sur les terres et dans les océans au pays.
Mme McKenna a souligné que ces îles sont situées dans un corridor géographique fortement utilisé par les oiseaux migrateurs et font partie des dernières îles naturelles de la région. Elles abritent des espèces en péril comme le Petit Blongios, le Hibou des marais et le Râle jaune.
La ministre de l’Environnement a précisé que les trois organisations poursuivront leur collaboration au cours des prochains mois afin d’amorcer le processus de création des réserves nationales de faune qui comprend des consultations avec les communautés autochtones et les partenaires locaux.
« Les huit îles de l’archipel des îles de Boucherville ainsi que l’île Verte, qui sont sous notre gouverne, sont devenues une véritable pouponnière de poissons et de batraciens grâce au programme intensif de création d’aires de frai et d’amélioration des habitats pour le poisson que nous avons déployé il y a plus de 15 ans. Nous sommes très heureux de travailler étroitement avec Environnement et Changement climatique Canada afin de désigner ces îles comme réserve nationale de faune. Pour nous, c’est une suite logique aux actions que nous menons dans le secteur depuis des décennies », a déclaré Sylvie Vachon, présidente-directrice générale de l’Administration portuaire de Montréal, lors de cette annonce.
Les îles de Varennes et de Verchères
Pour sa part, le projet de la réserve nationale de faune des Îles-de-Varennes-et-de-Verchères comprend onze îles, dont la superficie totalise près de 110 hectares. Les îles de Varennes et de Verchères sont des habitats important pour les oiseaux et on y recense des espèces inscrites au Registre public des espèces en péril telles que le Goglu des prés, l’Hirondelle de rivage, le Hibou des marais et le Râle jaune. On y trouve également l’habitat essentiel du Petit Blongios.
Il est important de souligner que ces îles sont le deuxième plus important site de reproduction des Canards barboteurs au Québec et abritent la plus grosse colonie de Goélands à bec cerclé de la province. Au total, 43 espèces d’oiseaux y ont été observées. Précisons qu’Environnement et Changement climatique Canada et Pêches et Océans Canada sont les gestionnaires actuels des terrains ciblés.
Cette annonce visant la protection d’habitats naturels n’est pas sans évoquer l’agrandissement des installations du port de Montréal à Contrecœur puisque l’environnement est aussi au cœur de ce projet d’importance. Rappelons à ce sujet que, le 1er février 2018, l’Administration portuaire de Montréal avait fait connaître les principales conclusions de l’étude d’impact environnemental du projet de terminal à conteneurs à Contrecœur.
On indiquait notamment que la construction amènerait plusieurs inconvénients, dont principalement le dragage dans le fleuve Saint-Laurent, les modifications permanentes à l’habitat des poissons, la présence d’espèces rares menacées d’extinction comme la rainette faux-grillon.
« Pour compenser les pertes d’habitats du poisson, l’Administration portuaire de Montréal entend mettre à profit son projet d’habitat de réserve », est-il expliqué dans le document. « Ce dernier a débuté en 2008 et a visé la création et l’amélioration des habitats fauniques sur cinq îles différentes sous la gestion de l’Administration portuaire de Montréal, localisées dans la partie nord-ouest de l’archipel des Îles-de-Boucherville. »

Faits en bref
• Le gouvernement du Canada s’est engagé à doubler la superficie de nature protégée, sur nos terres et dans nos eaux, partout au Canada.
• Ces deux projets d’importance s’inscrivent dans l’initiative En route vers l’objectif 1 du Canada qui vise à conserver 17 % des zones terrestres et d’eaux intérieures et 10 % des zones côtières et marines d’ici 2020.
• La création de réserves nationales de faune relève de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Il s’agit d’un processus qui comprend de nombreuses étapes, dont des consultations avec les communautés autochtones et les partenaires locaux.
• Des travaux de conservation sont menés partout au pays et aideront le Canada à atteindre ses objectifs de conservation pour 2020, à favoriser la réconciliation avec les peuples autochtones, à protéger et à rétablir les espèces en péril et à améliorer la biodiversité pour tous.
• Le Canada possède 20 % des réserves mondiales d’eau douce, 24 % des terres humides mondiales, 25 % de la superficie mondiale de forêt pluviale tempérée et 33 % des dernières forêts boréales de la planète.
• Le Fonds de la nature du Canada de 500 millions de dollars sera assorti d’un financement de contrepartie de 500 millions de dollars versés par des partenaires, ce qui permettra d’obtenir un montant total de 1 milliard de dollars pour soutenir les mesures de conservation de la nature du Canada.

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