Les mots-croisés de La Relève

Un voyage de solidarité mémorable pour Lucie Pouliot: « Au milieu du dénuement ce sont toutes les qualités du cœur des Guatémaltèques qui ressortent! »

Photo de Daniel Bastin
Par Daniel Bastin
Un voyage de solidarité mémorable pour Lucie Pouliot: « Au milieu du dénuement ce sont toutes les qualités du cœur des Guatémaltèques qui ressortent! »
« Ce sont des gens tellement résilients avec tout ce qu’ils ont vécu depuis si longtemps! », souligne Lucie Pouliot que l’on voit ici devant le lac Atitlan. (Photo : Courtoisie)
À ce jour, SMAC a doté onze écoles d’un puits de surface, dont cinq artésien, installé des latrines et construit des champs d’épuration, avec la participation d’Ingénieurs Sans Frontières Québec.
« Je me rappelle entre autres de la serre où des femmes cultivaient des tomates bios. Il fallait voir la fierté dans leurs yeux, c’était vraiment inspirant! »

Lorsqu’on fait un voyage dans un autre pays, on en revient souvent émerveillé par les paysages et les lieux visités. Mais il arrive aussi que l’on fasse des voyages dans des pays moins favorisés et que l’on revienne à la fois déstabilisé et… tout aussi émerveillé, mais pour des raisons bien différentes! C’est le cas de Lucie Pouliot qui a effectué un voyage de solidarité au Guatemala en février dernier. « C’est vraiment impressionnant de réaliser qu’au milieu du dénuement, ce sont toutes les qualités du cœur de ces gens qui ressortent! »
Après bien des réflexions, la Julievilloise a décidé de faire un stage dans ce pays de l’Amérique centrale avec Solidarité Montérégie Amérique Centrale (SMAC). Depuis plus de 20 ans, cet organisme favorise l’accès à l’eau potable et travaille notamment à l’amélioration des installations sanitaires dans des écoles du sud-ouest du Guatemala, en collaboration avec son partenaire guatémaltèque, Asociacion de Desarollo Integral (A.D.I.).
À ce jour, SMAC a doté onze écoles d’un puits de surface, dont cinq artésiens, installé des latrines et construit des champs d’épuration, avec la participation d’Ingénieurs Sans Frontières Québec. De plus, par le biais de l’éducation, l’organisme contribue à la prise en charge par la population de son propre développement. C’est grâce aux dons recueillis ainsi qu’au travail bénévole des membres que SMAC parvient à réaliser ces projets.
Guerre et fierté
Pendant trois semaines, les six stagiaires et leur accompagnateur ont été hébergés dans des familles d’accueil guatémaltèques afin de mieux connaître ce pays et ses coutumes, pour partager leur quotidien et également pour rencontrer des groupes qui ont pu bénéficier notamment de l’aide de Solidarité Montérégie Amérique Centrale.
Il faut dire que le Guatemala vit depuis longtemps dans des conditions difficiles étant donné que les Mayas ont été dépossédés de leurs terres par les envahisseurs espagnols, au début du XVIe siècle. Au milieu du siècle dernier, la Réforme agraire mise de l’avant par le président Juan José Arévalo a permis de rendre une partie des terres aux paysans, mais cela a fini par provoquer une guerre qui s’est éternisée sur plus de trois décennies par ceux qui ne voyaient pas d’un bon œil cette réforme.
La guerre qui a fait près de 200 000 morts a cessé en 1996 et, depuis, le peuple guatémaltèque tente de retrouver sa fierté, malgré la corruption, ainsi que la violence causée par la mafia et les narcotrafiquants. C’est dans un tel contexte que SMAC améliore le quotidien des gens de ce pays, un geste à la fois, et en faisant connaître aux gens d’ici leurs conditions de vie difficiles.
Avec les autres stagiaires, Lucie Pouliot a pu découvrir des petites coopératives où l’on fabrique des produits de façon artisanale, comme le chocolat, le café, des vêtements et petits objets d’art, c’est-à-dire des moyens qui permettent aux paysans de se prendre en main.
« Nous avons pu visiter plusieurs projets appuyés par SMAC et la CCDA, un organisme qui supporte les petits paysans. Je me rappelle entre autres de la serre où des femmes cultivaient des tomates bios. Il fallait voir la fierté dans leurs yeux, c’était vraiment inspirant! Elles prennent soin de leurs familles, de leurs terres et, en plus, elles viennent ici s’occuper des serres », de se rappeler la mère de deux enfants qui sont grands maintenant.
Lucie Pouliot avait appris une base d’espagnol avant son départ et des cours lui ont été dispensés une fois sur place, mais les mots lui manquaient, alors en levant simplement un pouce en l’air, elle a fait très bien comprendre qu’elle partageait leur fierté!
« Nous avons aussi visité une école où l’on a installé un puits artésien et les jeunes élèves nous ont fait une petite fête pour nous accueillir. Ils ont chanté leur hymne national avec la main sur le cœur et ils ont même chanté le Ô Canada en notre honneur! C’était très touchant! »
La Julievilloise dit avoir réalisé à quel point nous sommes habitués à vivre dans l’abondance et elle a vécu sa part de chocs culturels au Guatemala. Mais elle n’oubliera pas la fois où elle a vu un scorpion sur le mur juste avant de se coucher… Disons que la nuit fut courte et agitée!
« Ce sont des gens tellement résilients avec tout ce qu’ils ont vécu depuis si longtemps! Ici, on est privilégiés dans tout; on vit en situation de paix, on a la sécurité, nos besoins de base sont comblés, ce qui n’est pas le cas au Guatemala. Ce sont des gens de cœur, qui savent ce qu’est la solidarité. Des organismes comme SMAC aident à faire connaître leur situation et leurs besoins car on n’entend pas parler du Guatemala dans les médias. Ça me rend fière de les appuyer dans leur mission», de conclure Mme Pouliot, les yeux dans ses photos et la tête dans ses nombreux souvenirs!

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