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Le directeur du SPAL et l’artiste Stanley Février sur la même longueur d’onde

Photo de Daniel Hart
Par Daniel Hart
Le directeur du SPAL et l’artiste Stanley Février sur la même longueur d’onde
L'artiste en arts visuels Stanley Février et le directeur du Service de police de l'agglomération de Longueuil, Fady Dagher.

Rencontre peu fréquente mercredi dernier à la Maison de la culture de Longueuil entre un représentant des forces de l’ordre et un artiste lors d’une causerie publique sur le thème de l’interaction entre les citoyens et les policiers. Cette activité s’inscrivait en marge de l’exposition intitulée America… en toute impunité qui se déroule jusqu’au 24 mars dans les trois salles situées au rez-de-chaussée de cet établissement. Le directeur du SPAL, Fady Dagher et l’artiste en arts visuels Stanley Février ont échangé sur le rôle des policiers dans leurs interventions auprès des gens. Les discussions auront été éclairantes et sans détour : les deux interlocuteurs se sont retrouvés à maintes reprises sur la même longueur d’onde.
En toile de fond, M. Février, un ancien travailleur social, a réalisé son exposition à partir de données provenant d’une enquête réalisée par CBC News l’an dernier. Selon cette recherche, 461 Canadiens sont décédés à la suite de contacts ou d’altercations avec des policiers entre les années 2000 et 2017. Deux groupes de citoyens sont surreprésentés parmi ces disparus : les Noirs et les Autochones. De fait, 71% de ces victimes ont été tuées par balles. America… en toute impunité rend hommage à ces personnes. L’artiste a investi son sujet; il cherche à faire réfléchir et veut ouvrir un dialogue sur ce sujet sensible.
Environ 70% des personnes décédées lors de ces interventions souffraient de troubles mentaux. Certains étaient en état de crise. Comment réagit-on face à des cas de maladie mentale?, a soulevé M. Février. Les policiers reçoivent de plus en plus d’appels par rapport à la détresse de cet ordre, a reconnu le directeur du SPAL. « Nous avons une cause commune. Ce discours peut amener des changements à l’intérieur du corps de police. Le profil du policier dont nous avons besoin aujourd’hui requiert que les agents aient une intelligence émotionnelle beaucoup plus développée », a rappellé M. Dagher.
L’an dernier, 70 % des appels reçus au Service de police de l’agglomération de Longueuil concernaient des dossiers non criminels. Les policiers sont confrontés au quotidien à des cas de détresse humaine chez des gens de tout groupe d’âge.
Les agents de la paix veulent être mieux outillés pour être en mesure de répondre à ces situations et doivent revoir leur façon de travailler, reconnaît le directeur du SPAL. « Il y a encore beaucoup de travail à faire en ce sens », a-t-il admis. De fait, tous les policiers qui se rendent sur les urgences devront recevoir une formation pour les situations de crise. Ils participeront à un stage spécialisé dès cette année.

Une installation dans l’une des salles de l’exposition.

 

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