Une Bouchervilloise court 120 km dans le désert du Pérou

Photo de Diane Lapointe
Par Diane Lapointe
Une Bouchervilloise court 120 km dans le désert du Pérou
Karine Cloutier franchissant la ligne d’arrivée.

Demi-marathon des sables
Pour défier ses limites et sortir de sa zone de confort, une Bouchervilloise a couru à pied une distance de 120 km dans le désert du Pérou. Elle voulait voir jusqu’où son corps pouvait aller.
L’aventure a duré trois jours, du 3 au 6 décembre. Les deux pieds dans le sable, sur un terrain plat ou dans les dunes, sous une chaleur de 35e, et avec sur le dos un sac de voyage de 22 livres contenant tous ses effets personnels, Karine Cloutier a réussi le Demi-marathon des sables. Aux côtés de 373 autres participants issus de plusieurs pays, elle était la seule femme canadienne.
L’épreuve s’est tenue dans le désert d’Ica, à 300 km au sud de Lima. Les concurrents devaient parcourir 120 km répartis en trois étapes, en allure libre (course et marche) et en autosuffisance alimentaire, le tout dans un environnement désertique. « La chaleur, le sable, le manque de récupération, la nourriture rationnée, le sac à dos plus lourd que sur les ultra-trails habituels, tout ça a rehaussé le défi! Les amateurs d’endurance ont découvert le plus beau désert sud-américain. Ils ont évolué dans l’une des régions les plus sèches au monde : dunes gigantesques et plateaux sablonneux perchés entre Pacifique et Cordillère des Andes », raconte-t-elle, récemment de retour.
« Je ne m’étais pas préparée spécifiquement pour cette épreuve qui m’a plongée directement dans une semaine d’inconnus. J’avais préféré faire de longues sorties en montagne, car c’est un environnement dans lequel je me sens bien et aussi pour m’habituer à porter 25 livres durant plusieurs heures. C’est plus une aventure et de l’exploration intérieure, une sorte de nouvelle expérience où la victoire n’est pas le but principal pour moi », relate l’athlète âgée de 41 ans.
« J’allais là parce que ça me faisait peur, et que je désirais sortir de ma zone de confort pour secouer mon quotidien. J’y allais pour le plaisir du défi, de la découverte, pour l’aventure et l’exploration intérieure. Je ne visais pas un podium. Pour moi franchir la ligne d’arrivée, peu importe le temps que tu as fait, c’est une victoire.»
Karine espère pouvoir relever ce genre de défi sans limites d’âge. « Mon prochain objectif est le mont Rainier aux États-Unis, mais la liste de défis que je veux réaliser est longue. Les rêves sont une richesse, et je suis riche de rêves. Et je compte bien en réaliser plusieurs. Dans ce genre de défi, on rencontre des gens très inspirants. Dans le désert au Pérou, j’ai vu un homme de 70 ans dans la compétition. Il a fait le Marathon des Sables au Maroc 17 fois (250 km dans le désert) et compte à son actif des dizaines d’autres défis relevés, tous plus fous les uns que les autres. À 70 ans, je veux être comme lui. Pleine de vie, de rêves, de réalisations, sortir m’entrainer dehors beau temps, mauvais temps, sortir de ma zone de confort, pour demeurer dans une zone de magie, de développement, d’apprentissages.»

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