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Lancement à Sainte-Julie de la première campagne provinciale Municipalités contre le radon

Photo de Daniel Bastin
Par Daniel Bastin
Lancement à Sainte-Julie de la première campagne provinciale Municipalités contre le radon

Le radon est inodore, incolore, sans saveur et l’on pourrait même ajouter méconnu, car près de 20 % de la population ne connaît pas ce gaz radioactif d’origine naturelle qui provient de la désintégration de l’uranium dans la croûte terrestre.
Le docteur Jean-Claude Dessau, porte-parole pour le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), a expliqué que ce gaz impossible à détecter par les sens ne présente aucun danger à l’extérieur, car il se dilue rapidement dans l’air ambiant. Par contre, lorsqu’il pénètre à l’intérieur des maisons par des fissures, des fenêtres du sous-sol ou le puisard, par exemple, il peut s’accumuler et atteindre des concentrations élevées.
À long terme, une personne exposée à des concentrations allant au-delà de 200 becquerels par mètre cube (Bq/m3), c’est-à-dire le seuil d’acceptabilité établi par Santé Canada, peut développer un cancer du poumon. Il est à noter que ce risque dépend de la concentration de radon, de la durée d’exposition et des habitudes liées au tabac. À ce sujet, il faut savoir qu’une exposition à la fois au radon et au tabagisme a un effet quasi multiplicateur sur le risque de développer un cancer du poumon.
Selon la directrice générale de l’Association pulmonaire, Dominique Massie : « On estime qu’au Canada 16 % des décès par cancer du poumon seraient associés à l’exposition au radon. Ce serait donc la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme ».
Le dosimètre : peu cher et efficace
Si l’on ne peut détecter le radon par les sens, il est possible de mesurer rapidement et à faible coût l’éventuelle concentration de radon dans sa maison. Celle-ci varie d’une demeure à l’autre, car plusieurs facteurs entrent en ligne de compte, dont notamment l’étanchéité des points de contact avec le sol.
Le dosimètre est un petit appareil qui permet de mesurer les fluctuations de concentration de radon. On conseille de le déposer au plus bas niveau habité de la maison pour une période d’au moins trois mois, préférablement entre octobre et avril, c’est-à-dire au moment où l’air de l’extérieur circule au minimum dans la demeure.
Ce petit appareil mesurant quelques centimètres seulement est vendu entre 35 $ et 40 $ et il peut être acheté auprès de l’Association pulmonaire du Québec, du CAA Québec et de l’hôtel de ville de Sainte-Julie.
La première campagne provinciale « Municipalités contre le radon » a été lancée le 8 décembre dernier à la bibliothèque de Sainte-Julie. La mairesse, Suzanne Roy, ex-présidente de l’UMQ, enverra à ses homologues des différentes municipalités une lettre afin de se joindre à cette campagne de prévention et sensibiliser leurs citoyens à cette problématique.
« En cette période des Fêtes, on se souhaite souvent la santé, alors pourquoi ne pas se faire un cadeau à soi-même et à sa famille afin de s’assurer que notre environnement soit sain », fait valoir Mme Roy. « Il ne s’agit pas de faire peur au monde pour rien. Ce dosimètre peut être vu au même titre qu’un détecteur de fumée ou de monoxyde de carbone, par exemple », ajoutant qu’il peut freiner une situation potentiellement nocive à long terme.

Effets sur la santé
Au Québec, de 10 à 16 % des décès par cancer du poumon sont associés au radon. Il s’agit de plus de 600 décès par année. Parmi ces décès :
60 % surviennent chez les fumeurs;
30 % chez les anciens fumeurs;
10 % chez les non-fumeurs.
Le risque de cancer du poumon lié au radon augmente avec :
la concentration du radon : plus une personne est exposée à une concentration élevée de radon, plus son risque de cancer augmente;
la durée de l’exposition au radon : le risque de cancer augmente pour une personne qui est exposée au radon pendant plusieurs dizaines d’années;
le tabagisme : les fumeurs exposés au radon ont plus de risques d’avoir un cancer du poumon que les non-fumeurs.
Le radon ne cause pas :
de troubles respiratoires, comme la bronchite chronique et l’emphysème; d’allergies; d’asthme; de malformations congénitales.
Repérer les sources de radon dans un bâtiment
Le radon peut cependant s’infiltrer dans l’air intérieur des bâtiments, par différentes ouvertures : les planchers en terre battue; les fissures de la dalle de béton ou des murs des fondations; les puisards; les vides sanitaires; les joints; les ouvertures autour des conduits d’évacuation et des entrées de service, par exemple les raccords de tuyauterie; les robinets, surtout celui de la douche. Les robinets peuvent en effet constituer une voie d’entrée pour le radon provenant d’eaux souterraines riches en radon. Ils peuvent ainsi contribuer à faire augmenter la concentration de radon dans l’air intérieur d’une maison.
La concentration de radon dans l’air intérieur d’une habitation peut dépendre de plusieurs facteurs :
la concentration d’uranium et de radon dans le sol; le climat; la ventilation des lieux; l’étanchéité et l’isolation de la maison; la pression négative, c’est-à-dire le fait que la pression d’air soit moins grande à l’intérieur du bâtiment qu’à l’extérieur. Cette différence de pression a pour effet de transformer l’habitation en une sorte d’aspirateur. Le radon peut alors s’infiltrer par les fissures et les autres points d’entrée qui sont en contact avec le sol
Mesures correctives pour votre résidence.
Colmater les fissures de la fondation; sceller les ouvertures en contact avec le sol; vous assurer que les puisards sont couverts et ventilés vers l’extérieur; améliorer la ventilation de votre maison, particulièrement au sous-sol.
(Mention de source : Portail santé mieux-être Québec)

Pour plus d’information ou pour commander un détecteur de radon à moindre coût, la population et les organisations n’ont qu’à appeler au 1-888-POUMONS9. Les citoyens peuvent également visiter la page Radon domiciliaire du Portail santé mieux-être du gouvernement du Québec.

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