Légère hausse de la croissance économique à prévoir d’ici 2016 en Montérégie

Légère hausse de la croissance économique à prévoir d’ici 2016 en Montérégie

Ajout de 16 100 nouveaux travailleurs en 2014

La plus récente étude régionale publiée ce mois-ci par le Mouvement Desjardins, Survol et prévisions économiques pour la Montérégie, prévoit qu’à l’instar du Québec, la croissance devrait être stable cette année dans la région avant de s’accélérer légèrement en 2016. Parmi les éléments moteurs cités, il y a le fort accroissement démographique en Montérégie, ainsi que la faiblesse du huard et la croissance plus rapide de l’économie américaine qui favoriseront les exportateurs. De plus, l’étude rappelle que, selon Emploi-Québec, 132 900 emplois seront à pourvoir dans la région d’ici 2017, dont 75 % seulement pour combler les départs à la retraite.

Le document précise que la Montérégie affichera une croissance économique quelque peu inférieure à celle de la moyenne provinciale, soit 3,2 % en 2015 et 3,3 % en 2016, comparativement à 3,4 % et 3,5 % pour l’ensemble du Québec. Le taux de chômage quant à lui devrait suivre une tendance à la baisse dans notre secteur puisque les prévisions du Mouvement Desjardins le situeraient à 6,2 % en 2015 et à 6,0 % en 2016.

Plusieurs facteurs continueront à soutenir la vigueur économique de la Montérégie, dont le fort accroissement démographique attendu d’ici 2016, l’un des cinq plus importants sur le plan régional, et le maintien des investissements à des niveaux historiquement élevés.

À long terme, des projets d’importance devraient agir comme des locomotives pour l’économie, dont le développement de l’autoroute 30, l’expansion du port de Montréal à Contrecœur et l’instauration d’un pôle logistique de transport, fort possiblement en partie à Contrecoeur.

Ajout de 16 100 nouveaux travailleurs en 2014

Les auteurs prévoient que l’économie sera stimulée par l’amélioration du secteur manufacturier, ce qui se traduira par des embauches et des investissements. Ils notent également que, par le passé, la vie économique de la région était davantage rythmée par le secteur manufacturier, mais son importance a diminué au profit du secteur des services au cours des dernières années, surtout depuis 2008.

Aujourd’hui, c’est donc l’industrie des services qui constitue le pilier de la croissance de l’emploi en Montérégie, ce qui se constate particulièrement dans la MRC de Marguerite-D’Youville qui est principalement axée sur les services, bien que son économie soit dans l’ensemble très diversifiée. « L’emploi dans le secteur des services pourrait afficher une légère croissance cette année et l’an prochain. Bien que le commerce de détail traverse actuellement une phase difficile liée, entre autres, à l’augmentation des achats effectués en ligne, toutefois, dans la région, des projets commerciaux sont en cours », observent-ils.

« Contrairement à l’ensemble du Québec qui a enregistré une perte en moyenne de 1 100 postes, le marché du travail en Montérégie a continué de bien faire en 2014 avec l’ajout de 16 100 nouveaux travailleurs. Le taux de chômage a néanmoins légèrement progressé de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 6,5 %, l’un des plus bas de toutes les régions de la province. Cela a toutefois été attribuable à une hausse plus forte de la population  active (+19 400 personnes) que de l’emploi, un signe que le marché du travail se porte bien et que de nombreuses personnes se sont remis à la recherche d’un nouveau boulot », peut-on lire.

Pour les deux prochaines années, l’emploi conservera sa tendance à la hausse et la croissance attendue devrait demeurer plus vigoureuse que celle du Québec. Le taux de chômage pourrait quelque peu diminuer au cours de cette période, et ce, à l’instar de la province.

« L’évolution de l’emploi dans l’agriculture devrait demeurer anémique, alors que la quête de gains de productivité et la consolidation des fermes continueront à freiner l’embauche. Par contre, l’agrotourisme se développe d’année en année, notamment la Route des vins, ce qui dynamise le secteur », est-il mentionné dans l’étude. Quant à l’industrie agroalimentaire, elle affiche une bonne santé en Montérégie, et ce, tel qu’en témoignent les nombreux investissements réalisés et à venir des entreprises.

132 900 emplois à pourvoir en Montérégie

« Le marché résidentiel montérégien a progressé à deux vitesses en 2014 : la construction neuve a légèrement rebondi alors que la revente de propriétés existantes a de nouveau fléchi. La hausse du prix de vente moyen a été de 1,7 % l’an dernier. Puisque la situation de surplus s’accentue sur ces deux marchés (hausse du taux d’inoccupation des logements locatifs et du ratio vendeurs/acheteur), le rythme du secteur de l’habitation devrait évoluer à bas régime d’ici 2016 », est-il précisé.

« L’indice d’abordabilité Desjardins (ratio entre le revenu personnel disponible et le revenu de qualification pour l’achat d’une propriété) a affiché une tendance haussière dans la RMR de Montréal au cours des trois derniers trimestres, de sorte que le marché de la grande région métropolitaine est désormais considéré comme étant abordable. Ainsi, la capacité financière des ménages d’acquérir une propriété s’est améliorée en raison, notamment, de la hausse plus soutenue du revenu personnel des ménages. »

Autre point à souligner : en Montérégie comme au Québec, le vieillissement démographique s’accélérera et la population en âge de travailler diminuera. À ce sujet, Emploi-Québec prévoit que 132 900 emplois seront à pourvoir dans la région d’ici 2017 (725 400 au Québec), dont 75 % pour combler les départs à la retraite (75 % au Québec également). Toutefois, parmi les difficultés soulevées par les entrepreneurs de la Montérégie, celle du « manque de candidats ayant les compétences professionnelles recherchées » arrive en tête.

Les auteurs précisent en terminant que, pour l’année 2012, « c’est la Montérégie qui a contribué de manière plus importante à l’augmentation de la productivité à l’échelle provinciale, soit à hauteur de 17 %, alors que son poids dans l’économie a atteint 15 % ».