Le sous-financement de la culture en Montérégie inquiète…

Le sous-financement de la culture en Montérégie inquiète…

Le Conseil montérégien de la culture et des communications (CMCC) tire la sonnette d’alarme au lendemain du dépôt du budget du gouvernement Marois. Selon son directeur général, Dominic Trudel, la région souffrirait depuis plusieurs années d’un sous-financement et la tendance ne semble pas vouloir prendre fin.

Selon les statistiques de 2010-2011 compilées par l’organisme, les dépenses dans le domaine de la culture atteignaient 18,39 $ par personne en Montérégie, c’est-à-dire près de sept fois moins que la moyenne à l’échelle de la province puisque ces dépenses se chiffreraient à 129,94 $ par Québécois…

Le directeur général ajoute qu’il entend souvent que la Rive-Sud est près de Montréal et que la population d’ici utilise régulièrement les services ainsi que l’offre culturelle de la métropole. Toutefois, il fait valoir que, même en ne prenant pas en considération la région de Montréal dans les calculs, la Montérégie obtiendrait une aide près de deux fois moindre que la moyenne provinciale…

Le directeur général ne veut pas que l’argent des autres régions leur soit retiré en partie pour le redistribuer à la Montérégie; il prône plutôt une contribution élargie pour l’ensemble des acteurs culturels au Québec.

Constat préoccupant pour l’ensemble du Québec

À une échelle plus large, le dépôt du récent budget du gouvernement Marois a été mal accueilli par le Conseil québécois du théâtre, qualifiant l’exercice de « déception ». Dans une lettre envoyée aux médias et aux responsables ministériels, le CQT a précisé son point de vue, se disant également préoccupé par la régression tranquille du financement de la culture au Québec.

 

« Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, annonçait avec fierté une hausse de 2,1 % des crédits alloués au ministère de la Culture et des Communications (MCC) malgré un contexte budgétaire particulièrement difficile. Or, une lecture juste du cadre financier jette un tout autre éclairage sur cette affirmation, puisque l’essentiel de cette hausse se trouve déjà largement affectée, partenariat public et privé pour la Maison symphonique de Montréal et service de la dette du ministère obligent. De plus, les crédits budgétaires récemment déposés permettent de constater l’ampleur du fossé existant entre un certain discours triomphaliste voulant que le soutien aux arts et à la culture ait été protégé, voire favorisé, et l’épreuve des faits. »

« Parallèlement, le MCC se voit dans l’obligation d’amputer divers programmes et organismes à hauteur de 10 M$, dont certains dédiés au développement de publics et à la médiation culturelle, missions pourtant essentielles à l’ensemble des organismes artistiques. Quant au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), société d’État vouée au développement des organismes en arts de la scène, celui-ci doit à nouveau composer avec un gel des enveloppes consacrées à ses programmes d’aide. Une situation aggravée par l’augmentation constante du coût de la vie qui se répercute aussi dans la création, la production et la diffusion des œuvres artistiques, accentuant ainsi une régression tranquille du soutien public aux organismes artistiques professionnels. »

« Ce contexte perdure maintenant depuis plusieurs années. Un tel statu quo explique donc bien mal l’enthousiasme ambiant voulant que les arts et la culture figurent parmi les grands rescapés de ce cadre financier à saveur d’austérité du gouvernement Marois », fait valoir le CQT.