Érosion des berges : les élus sonnent l’alarme!

Érosion des berges : les élus sonnent l’alarme!

L’augmentation du trafic maritime, le creusage du chenal et la vitesse des bateaux ont accéléré l’érosion, en plus de l’effet des facteurs naturels, comme les crues printanières record, le vent et les glaces.

À l’image d’une vague avec ses hauts et ses bas, le dossier de l’érosion des berges du fleuve Saint-Laurent fait régulièrement les manchettes dans les médias à travers le Québec. Toutefois, à l’inverse de certains terrains riverains, les inquiétudes ne cessent de grandir et atteignent un point critique…
Alerté par les craintes de certains citoyens, le député de Pierre-Boucher‒Les Patriotes– Verchères, Xavier Barsalou Duval, a écrit récemment au ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, afin que ce dernier s’affaire immédiatement à la création d’un programme fédéral pour contrecarrer l’érosion des berges dans le couloir fluvial Lac Saint-Pierre – Montréal. Le programme serait géré par son ministère et il comprendrait, entre autres, des mesures de stabilisation des berges et de surveillance accrue de la vitesse des navires qui y circulent.
« Vous avez déjà eu connaissance du cas de la famille Durocher, dont la maison centenaire construite en 1907 sur les îles en face de Varennes, menace de s’effondrer, car certains membres de la famille vous ont contacté à ce propos. Le terrain sur lequel la maison repose est menacé d’érosion essentiellement à cause de l’augmentation du batillage (NDLR : l’ensemble des vagues produites par le sillage des bateaux), et ce, depuis l’ouverture de la voie maritime en hiver au début des années 1950. À l’époque, la distance entre la côte et la maison familiale était de 100 mètres. Aujourd’hui, elle n’est plus que de 16 mètres. »
« La famille Durocher et leur maison centenaire ne sont pas les seuls touchés par le problème de l’érosion des berges. Plusieurs propriétaires riverains situés le long du fleuve sont victimes de l’érosion de leurs terrains. Mais nous avons remarqué que dans le couloir étroit de la voie maritime, le fléau est amplifié et les citoyens nous interpellent souvent à ce sujet », mentionne-t-il dans sa missive.
« Les autorités ont reconnu tardivement, en 1991, que le batillage des bateaux passant dans la voie maritime du Saint-Laurent est la cause de l’érosion de la berge. Le batillage s’est amplifié depuis l’instauration d’incitatifs tarifaires à la fréquentation de la voie maritime au milieu des années 2010 et au recul d’une berge de plus en plus haute. »
« L’augmentation du trafic maritime, le creusage du chenal et la vitesse des bateaux ont accéléré l’érosion. Normalement, les bateaux devraient respecter une vitesse de 6 nœuds à partir de la bouée rouge 138 sur le côté nord du chenal; or nous constatons que la majorité des bateaux ont une allure de 10-12 nœuds », ajoute-t-il dans sa requête.
Le député a aussi fait mention des compressions budgétaires imposées au ministère de Pêches et océans sous Jean Chrétien en 1993 qui a mis fin à la contribution du gouvernement au programme de maintenance et d’entretien des murs de protection existants, laissant cette responsabilité aux propriétaires riverains.
Les élus solidaires
La lettre a été appuyée par six municipalités riveraines, soit Lavaltrie, Lanoraie, Sorel, Contrecœur (NDLR : une résolution adoptée au moment où l’ancienne administration était en fonction), Verchères, Varennes, une MRC, celle de Marguerite-D’Youville, trois députés du Québec, soit Lise Lavallée (Repentigny), Sylvain Rochon (Richelieu) et Stéphane Bergeron (Verchères) ainsi que deux autres députés du fédéral, soit Monique Pauzé (Repentigny) et Louis Plamondon (Bécancour—Nicolet—Saurel) afin de faire pression sur le ministre Garneau.
Dans La Presse+ du 9 février dernier, le journaliste Maxime Bergeron fait pour sa part référence au cas de Roger Guérin, qui possède une résidence en bordure du fleuve et qui a perdu 1 000 pieds carrés depuis cinq ans seulement, c’est-à-dire la moitié de son terrain…
Dans l’article, le journaliste cite également le vice-président aux opérations du Port de Montréal, Daniel Dagenais, qui affirme que le trafic maritime aurait diminué au cours des dernières années (4 535 navires en 2007 par rapport à 3 990 l’an dernier), mais que la taille moyenne des bateaux a par contre augmenté. Ce dernier avance que des facteurs naturels, comme les crues printanières record, le vent et les glaces, doivent s’ajouter au trafic maritime pour expliquer l’érosion dénoncée par plusieurs élus de la région.
En ce qui concerne le nouveau terminal du Port de Montréal à Contrecoeur, le vice-président a précisé que sa venue se traduirait par l’ajout de deux à trois navires supplémentaires par semaine lorsque l’installation atteindra son plein rendement dans quelques années.