Courir 250 kilomètres dans le désert pour les enfants autistes!

Courir 250 kilomètres dans le désert pour les enfants autistes!

Le Marathon des sables

Le Marathon des sables est l’une des épreuves les plus dures qui soient au monde puisqu’elle se déroule en plein désert du Sahara. Les participants courent 250 km sous une température qui peut aller jusqu’à 50 oC! Daniel Lamontagne, de Sainte-Julie, Laurent Jugant, de Montréal, et Bruno St-Pierre, de Brossard, ont décidé de foncer dans ce défi un peu fou, mais ils ont une motivation qui leur permettra de s’accrocher quand, inévitablement, les moments seront plus durs puisqu’ils veulent récolter des fonds afin d’accompagner les familles ayant un enfant autiste.

Le Marathon des sables en est à sa 27e édition et il regroupera près de 1 000 participants à travers le monde, dont nos trois Québécois. Leur périple s’étendra du 6 au 16 avril prochain alors qu’ils devront courir près de 250 kilomètres en six étapes malgré une température infernale le jour et glaciale la nuit, soit près de zéro.

« Il faut savoir que nous devons faire le parcours en autosuffisance alimentaire, c’est-à-dire qu’on doit porter avec nous notre nourriture pour les six étapes. On doit tout calculer parce qu’on ne veut pas avoir trop de poids à transporter. La seule chose qui est fournie par les organisateurs, c’est l’eau. On nous donne 10 litres par jour aux ravitaillements, et ça doit couvrir tous nos besoins : boire, évidemment, mais aussi cuisiner, se laver, etc. Il n’y en aura pas de trop », de rire Daniel Lamontagne.

Une pompe pour aspirer le venin…

La température ne sera pas le seul problème que devront affronter les trois mordus du Club des coureurs sur routes du mont Saint-Bruno puisque les organisateurs de l’événement leur fournissent une fusée de détresse et une pompe pour aspirer le venin au cas où ils se feraient piquer par un scorpion ou mordre par un serpent, explique le Julievillois alors que sa femme, Manon, sent déjà monter quelques inquiétudes…

« Les gens croient que le désert du Sahara, ce n’est que du sable, ce qui n’est déjà pas facile pour courir, mais je dirais que 50 % du trajet est fait en sol rocailleux plutôt instable, ce qui n’est pas non plus évident. Aussi, il faudra monter sur des dunes qui ont presque la taille d’une montagne. Pour m’entraîner, je cours dans la neige, ce qui s’apparente comme difficulté à du sable, et je monte à la course le mont Saint-Bruno », explique celui qui a déjà pris part à deux triathlons Ironman et qui en prépare un troisième bientôt.

« Le plus gros problème, c’est de « gérer » les ampoules. On ne peut pas s’arrêter. Il y a là-bas des médecins qui vont nous aider à traiter les ampoules, inévitables dans un Marathon des sables. On doit sortir le sable régulièrement des souliers et jeter les chaussettes parce que ça devient comme du papier sablé! J’ai parlé avec un homme de Saint-Bruno qui avait perdu neuf ongles d’orteils dans ce genre d’événement! On doit envelopper les orteils pour pouvoir continuer, c’est très douloureux. »

L’épreuve la plus redoutée survient à la quatrième étape alors que les participants doivent parcourir 82 kilomètres, soit l’équivalent de deux marathons bout à bout, dans le sable. Ils partent le matin à 9 h et doivent arriver le lendemain à midi, au plus tard, ce qui veut dire qu’ils courent une grande partie de nuit, avec une seule petite lampe frontale pour se guider!

Collectes de fonds

L’aventure coûtera au bas mot 21 000 $ aux trois amis, dont plus de la moitié en frais d’inscription puisqu’il en coûte 4 300 $ (US) pour qu’un participant puisse s’inscrire. Ils ont donc organisé des collectes de fonds qui ont permis d’amasser près de 8 000 $ jusqu’à présent. Ces fonds iront à la Fédération québécoise de l’autisme, alors qu’un maximum de 25 % des montants recueillis permettra de couvrir un peu leurs frais dans l’aventure. Ils peuvent aussi compter sur l’appui de quelques commanditaires, dont Accès physio de Chambly, la boutique Endurance, de Montréal, et le Club athlétique Mansfield, de Brossard. 

Une activité a d’ailleurs lieu ce dimanche, au Club athlétique Mansfield, un Course-o-thon auquel prendront part près de 100 participants qui ont payé 25 $ chacun pour appuyer la cause et prendre part à un demi-marathon sur tapis roulant. Les organisateurs mentionnent d’ailleurs qu’il reste de la place et que, pour s’inscrire, on peut visiter leur site Internet au www.mds2012autisme.com.

Ils organiseront le 25 février prochain une soirée poker dont le lieu reste à déterminer. Ils soulignent que l’argent amassé ira aussi à la Fédération québécoise de l’autisme et permettra de soutenir des familles ayant un enfant autiste. Cette cause tient à cœur le trio puisque Bruno St-Pierre connaît bien ce que doivent vivre ces parents étant donné qu’il a un enfant autiste.

Avril approche donc à grands pas, ou plutôt à grandes enjambées! Daniel Lamontagne nous montre en terminant une vidéo qui donne une idée des épreuves que doivent traverser les participants du Marathon des sables et bien des inquiétudes doivent s’envoler dans son esprit quand il voit l’expression des visages des athlètes qui franchissent la ligne d’arrivée, souvent en riant et parfois en pleurant. « On va se rendre jusque-là, à l’arrivée, c’est sûr! Comment on va arriver là, ça, je ne sais pas! », de lancer avec détermination le Julievillois.