« C’est ainsi que je peux honorer ma mère de la plus belle façon! » – Joannie Rochette

« C’est ainsi que je peux honorer ma mère de la plus belle façon! » – Joannie Rochette

« J’ai senti que je n’ai pas pu aider ma mère. Si parler un peu de son histoire peut aider une autre femme dans une situation similaire, mon implication prendra tout son sens. »

Crédit photo : Patinage Canada

Février, c’est le mois le plus court de l’année, le plus froid bien souvent et c’est aussi le mois des amoureux. Si l’on se préoccupe du petit cœur de son amoureux, il faut aussi prendre quelque temps pour penser au sien!
En janvier, on prend souvent des résolutions, mais on peut également le faire en février, car un cœur en santé fait toute une différence dans notre vie. À ce sujet, deux études réalisées il y a quelques années ont démontré l’importance de mettre l’accent sur la prévention et la promotion des saines habitudes de vie dans son quotidien.
Une étude australienne de 2010 a dévoilé que le simple fait de s’asseoir plusieurs heures par jour, que ce soit pour regarder la télévision ou travailler à l’ordinateur par exemple, peut faire doubler le risque cardiovasculaire, même chez les patients qui s’alimentent bien et font suffisamment d’exercice physique.
Une autre recherche effectuée par des scientifiques américains a permis de découvrir qu’il est possible d’avoir un poids santé et d’avoir les mêmes risques cardiovasculaires que les personnes obèses, si la proportion de graisse est trop élevée par rapport à celle des muscles.
De plus, il ne faut pas oublier qu’une enquête réalisée en 2009 auprès des Montérégiens de 18 ans et plus dans le but de connaître leurs habitudes de vie rappelle que les maladies cardiovasculaires sont la deuxième cause de mortalité avec 30% des décès annuellement, tandis que le cancer figure toujours au premier rang avec 32% des décès.
La médaille du courage
La bonne nouvelle dans tout cela, c’est que 80 % des maladies du cœur et des AVC précoces peuvent être évités en adoptant un mode de vie sain qui comprend une bonne alimentation. Mais, pour en arriver là, il faut prendre conscience de sa situation et c’est dans ce but que s’activent les bénévoles dans le cadre du mois du cœur.
En cette année olympique, la porte-parole de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, Joannie Rochette, a expliqué qu’il est important de faire attention à soi, mais aussi à ses proches. La jeune femme qui étudie présentement en médecine a rappelé à quel point elle a été éprouvée puisque, deux jours avant sa compétition aux Jeux olympiques de Vancouver de 2010, la patineuse artistique a appris le décès de sa mère, Thérèse, emportée par une crise cardiaque. Rassemblant tout son courage, elle a tout de même participé à la compétition, remportant même une médaille de bronze que Joannie a dédiée à celle qui a toujours été là pour elle…
Le fait d’être porte-parole l’aide à aller de l’avant et à éveiller les consciences avant qu’il ne soit trop tard. « Ça fait partie de mon processus de guérison. J’ai senti que je n’ai pas pu aider ma mère. Si parler un peu de son histoire peut aider une autre femme dans une situation similaire, mon implication prendra tout son sens. C’est ainsi que je peux honorer ma mère de la plus belle façon! »

Joannie Rochette parle de son expérience et de l’espoir de voir plus de femmes faire de leur santé cardiaque une priorité.

Parlez-nous de vos débuts en patinage artistique et du rôle joué par votre mère.
J’ai commencé à patiner à deux ans sur la rivière devant chez moi. C’était une activité que nous faisions en famille. Ma mère a été présente dès le début. Elle venait voir presque toutes mes pratiques. Elle a été là tout au long de ma carrière.
Lorsque votre carrière a atteint son apogée, aux Jeux olympiques de 2010, vous avez perdu votre mère. Est-ce qu’il y avait des signes précurseurs de ce départ?
J’ai perdu ma mère d’une crise cardiaque. Elle avait 55 ans. Ça fait maintenant sept ans. Ça a été un choc pour ma famille et moi; c’était vraiment inattendu. On ne savait pas que ma mère était malade. Je pensais que les maladies du cœur étaient des maladies qui touchent plutôt les hommes d’un certain âge. Je ne pensais pas que ça pouvait toucher les femmes aussi jeunes que ma mère. Je me souviens qu’elle s’en faisait pour mes performances en patinage, pour la façon dont je m’alimentais. Elle voulait être certaine que je sois en santé. Elle préparait les repas pour mon père et moi. Quand venait son tour, elle pouvait manger des croustilles pour le souper. Elle ne prenait pas le temps de se mettre en forme ni de bien s’alimenter.
Quelle a été l’influence de votre mère sur votre vie?
Ma mère était ma gérante, ma secrétaire, ma meilleure amie, ma psychologue… On était très soudées. C’est grâce à elle que j’ai pu réussir dans le patinage, mais c’est aussi grâce à elle que j’ai été capable de continuer et de surmonter son décès. Ma mère était une personne très fonceuse. Chaque fois que je vivais des défaites, que j’avais des obstacles à surmonter dans la vie, c’est elle qui était là et qui me disait de foncer. C’est quand je suis sur la glace que je me sens le plus près d’elle. Je l’entends encore me dire que ma triple boucle n’était pas assez bonne et de recommencer. Après Vancouver, les gens me disaient de prendre un congé de patinage, de rester chez moi faire mon deuil. Mon deuil, je l’ai vécu sur la glace, avec ma famille de patinage, à écouter, d’une certaine façon, les conseils de ma mère. L’amour d’une mère, c’est un amour inconditionnel. Je savais qu’elle était tout le temps présente, qu’elle voulait ce qu’il y a de mieux pour moi. (Mention de source : Fondation des maladies du cœur et de l’AVC)