Une année 2017 difficile pour les agriculteurs

Une année 2017 difficile pour les agriculteurs

L’année 2017 a été particulièrement pénible pour les agriculteurs de la région puisqu’ils ont dû composer notamment avec beaucoup de pluie, moins de soleil, peu de chaleur et une période de dégel s’est éternisée au printemps…

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L’année 2017 a été particulièrement pénible pour les agriculteurs de la région puisqu’ils ont dû composer notamment avec beaucoup de pluie, moins de soleil, peu de chaleur et une période de dégel s’est éternisée au printemps…
Ce contexte était déjà très difficile pour eux, mais voilà que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a fait parvenir des factures aux agriculteurs cet été, alors que ceux-ci s’attendaient plutôt à recevoir un crédit à la suite de l’abolition de la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA), en février dernier.
La Fédération de l’Union des producteurs agricole (UPA) de la Montérégie dénonce avec vigueur cette situation. Selon le MAPAQ, les montants alloués au PCTFA pour 2016 ont augmenté de 9 % alors qu’ils ne pouvaient excéder 5 % du budget de 2015. Le MAPAQ a donc facturé les producteurs agricoles pour réclamer le 4 % manquant, ce qui représente près de 6,3M$, dont près du tiers incomberait aux cultivateurs de la Montérégie.
« Ces factures représentent un véritable affront pour les agriculteurs et ne passent tout simplement pas. Le jeu du chat et de la souris doit s’arrêter. C’est une situation vraiment aberrante et ce sont les producteurs qui sont encore perdants », a martelé Christian St-Jacques, président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie par voie de communiqué, tout en soulignant que les producteurs agricoles attendent toujours les remboursements annoncés à la suite de l’abolition de la réforme.
« Nombreux à se poser des questions à la suite de l’arrivée de ces factures plusieurs mois après la fin de 2016, nos producteurs sont inquiets et se demandent s’ils auront vraiment droit au remboursement attendu. Le MAPAQ va-t-il trouver une autre astuce pour se défiler de ses obligations? », s’est indigné le président.
M. St-Jacques a affirmé que ses membres représentant 7 000 entreprises agricoles en Montérégie feront tout pour que ce problème devienne un enjeu électoral alors que les élections municipales sont en cours et que le palier provincial suivra bientôt.
Fiscalité foncière agricole à revoir
« Ce dossier traîne depuis trop longtemps et les montants alloués au MAPAQ ne doivent plus servir à financer les municipalités. Il est plus que temps que cesse le transfert du fardeau fiscal sur le dos des producteurs », a renchéri pour sa part Jérémie Letellier, 1er vice-président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie. Il ajoute que l’application volontaire du taux varié par les municipalités n’a aucunement réglé les distorsions, car trop peu de municipalités l’ont mis en application.
Selon lui, le programme ne correspond plus aux nouveaux enjeux agricoles et la fiscalité foncière agricole doit être complètement revue, comme le demande l’UPA depuis maintes années. M. Letellier ajoute que, si le gouvernement ne change pas ses façons de faire, cette situation se répétera année après année.
« Nous demandons une rencontre avec le ministre de l’agriculture, Laurent Lessard, afin d’avoir enfin un portrait clair de la situation et de trouver des solutions durables. Selon nous, afin de colmater rapidement l’hémorragie, il faut introduire dès maintenant dans la Loi sur la fiscalité municipale un plafond de l’évaluation foncière des immeubles agricoles, comme cela existe pour les taxes scolaires », a conclu Christian St-Jacques.