Amazon Web Services choisit Varennes!

Amazon Web Services choisit Varennes!

Une vue en coupe d’un centre de données infonuagiques d’Amazon Web Services qui travaille avec quelque 2 700 agences gouvernementales à travers le monde, dont la CIA.

Crédit photo : AWS

Le Québec est un endroit idéal pour de tels centres en raison de son climat frais, sa situation géographique qui le protège des catastrophes naturelles et ses sources d’énergie abondantes et abordables.
Le Québec est un endroit idéal pour de tels centres en raison de son climat frais, sa situation géographique qui le protège des catastrophes naturelles et ses sources d’énergie abondantes et abordables.
Le projet est prévu en trois phases, dont la première prévoit la construction d’un bâtiment blindé de 155 000 pieds carrés à l’épreuve des ouragans, entre autres.

Les nombreux conducteurs empruntant le boulevard Lionel-Boulet ont remarqué au cours des derniers jours d’importants travaux sur les terrains près de l’IREQ à Varennes, ouvrant la porte à de nombreuses spéculations de toutes parts étant donné l’ampleur du chantier et le peu d’information circulant à ce sujet. En recueillant les renseignements auprès de plusieurs sources fiables, le journal La Relève a appris qu’Amazon Web Services (AWS), une filiale du géant américain bien connu du commerce électronique, implantera dans le Novoparc son premier centre de données en sol canadien.
Amazon Web Services est l’un des plus importants fournisseurs d’infrastructures infonuagiques au monde et la multinationale offre depuis 2006 des services à des centaines de milliers d’entreprises dans plus de 190 pays à travers le monde. L’entreprise a déjà plusieurs milliers de clients au Canada qui lui confie le stockage de leurs données dans le nuage, mais celles-ci étaient entreposées jusqu’à maintenant dans ses centres situés en Oregon ou en Virginie.
Le nouveau centre situé à Varennes permettra de rapatrier les données canadiennes, en plus de permettre d’aller chercher des clients gouvernementaux puisque la loi exige que leurs données restent en sol canadien. AWS travaille déjà avec quelque 2 700 agences gouvernementales à travers le monde, dont la CIA (Central Intelligence Agency).
Plusieurs avantages à Varennes
Les installations de ce genre sont alimentées presque entièrement par de l’énergie hydro-électrique, une ressource dont le coût est des plus raisonnables au Québec. Si Varennes a été choisi pour y construire le premier centre de données d’Amazon au pays plutôt qu’à Montréal, comme il était prévu initialement, c’est en raison de la proximité de l’IREQ qui a toute la puissance nécessaire pour fournir en énergie un tel centre infonuagique. Qui plus est, l’IREQ serait en mesure d’assurer l’alimentation en électricité d’AWS même en cas de panne de courant, ce qui est essentiel pour ce type de service.
Un autre avantage qui a milité en faveur de Varennes, c’est que le sol à cet endroit est principalement composé de roc, ce qui évite d’avoir recours au pieutage pour stabiliser le bâtiment, une opération qui fait souvent exploser les coûts de construction.
Le projet est prévu en trois phases, dont la première prévoit la construction d’un bâtiment blindé de 155 000 pieds carrés à l’épreuve des ouragans, entre autres, sur un terrain appartenant au constructeur, le Groupe Montoni, qui louera l’espace à long terme au géant américain. Les travaux de construction quant à eux sont assurés par la compagnie Bricon et la première phase devrait être terminée à l’automne 2018.
Pour Hydro-Québec, les centres de données représentent une manne qui pourrait faire exploser ses ventes d’électricité auprès de ces clients énergivores. Une étude de la firme KPMG commandée par la société d’État précise qu’à la fin de 2016, les centres de données existants avaient une puissance de près de 40 mégawatts et l’on estimait que celle-ci passerait à 350 mégawatts. Présentement, la demande est si forte que le scénario de 1 000 mégawatts est envisageable.
En 2016, un peu plus de 1 000 personnes avaient un emploi direct ou indirect dans l’un des centres de données du Québec. Ce chiffre pourrait passer à 14 000 en 2025 si le scénario de 1 000 mégawatts se concrétisait, alors que les retombées passeraient de 117 millions de dollars à 1,7 milliard de dollars…
Pour les consommateurs d’électricité « normaux », cette opportunité d’affaires pourrait représenter une bonne nouvelle, car ces ventes additionnelles aideraient à garder les tarifs d’électricité à l’intérieur des prix à la consommation.